Perspective pour l’avenir dans le domaine des énergies renouvelables:

La fusion nucléaire:



Le nucléaire... un domaine fort controversé!
Une grande part de notre énergie actuelle est fournie par le nucléaire... plus précisément par la FISSION nucléaire. Celle-ci, réalisée à partir d'uranium, produit en bonne quantité des déchets radioactifs dont on ne peut encore se débarrasser à l'heure actuelle... des déchets à très longue durée de vie.
Par exemple, la durée de demi-vie (temps nécessaire pour que la quantité d'atomes soit réduite de moitié) de l'uranium est de 4,5 milliards d'années selon les calculs... Au bout de 4,5 milliards d'années, 10 atomes d'uranium seront réduits à 5... au bout de 9 milliards d'années, il en restera 2,5...


La fusion nucléraire, elle, ne nécessite pas d'éléments radioactifs et ne produit que très peu de produits radioactifs... De même, une fois la réaction stabilisée, elle s'auto-alimenterait et produirait des quantités gigantesques d'énergie. Mais la fusion n'est encore que l'objet d'études!


- Fonctionnement de la fusion nucléaire:



Un atome est constitué d'un noyau contenant des protons (charge électrique +) et des neutrons (électriquement neutres) autour duquel gravitent des électrons (charge -), une configuration un peu comme notre système solaire!



La fusion repose sur les attractions-répulsions entre les noyaux des atomes. Ainsi que vous le savez sans doute, une charge électrique + attirera une charge électrique - et repoussera une autre charge +... de même q'une charge - repoussera une autre charge -. C'est le même principe que l'attraction entre les pôles des aimants!
Les atomes possèdent chacun un noyau plus ou moins chargé positivement, autour duquel gravitent des électrons, particules chargées négativement.

La fusion nucléraire va tenter de provoquer une fusion entre les noyaux de deux atomes. Ceux-ci ont une tendance naturelle à se repousser d'autant plus fort que les noyaux sont proches... de même qu'il est de plus en plus difficile d'approcher les pôles de même signe de deux aimants quand la distance les séparant diminue. Il va donc falloir mettre en oeuvre une force pour vaincre cette résistance et amener les noyaux atomiques à se toucher. Il va sans dire que cette force est énorme!
Pour ce faire, les atomes doivent être en grande agitation. Celle-ci augmente avec la température (d'où le nom "agitation thermique"). Plus la température sera élevée, plus on aura de chance de faire fusionner des noyaux de plus en plus gros (car il existe des petits et grands noyaux en fonction de la charge positive qu'ils portent).


Ainsi, lorsque de petits noyaux fusionnent, le noyau résultant se trouve dans un état instable et doit décroître vers un état stable en émettant une particule (photon, électron ou autre). Une partie de l'énergie excédentaire va servir à expulser la particule produite (transmission d'énergie cinétique). L'autre partie est libérée sous forme de chaleur (réaction exothermique) et forme ainsi une chaîne qui s'auto-entretient.
Quand aucun état stable n'existe, il n'est pas toujours possible de provoquer la fusion de deux noyaux (comme la fusion de deux noyaux d'hélium par exemple, car l'hélium est un atome instable car issu de la fusion de deux atomes d'hydrogène).

Ces réactions ont lieu dans les étoiles. La température de notre soleil atteint les 15 millions de degrés celcius, les atomes y sont donc dans un état extrêmement excités. Le soleil résulte en fait de ces réactions de fusion!

Les réactions de fusion qui dégagent le plus d'énergie sont celles qui impliquent les noyaux les plus légers. Ainsi les noyaux de deutérium (un proton et un neutron) et de tritium (un proton et deux neutrons) sont impliqués dans les réactions suivantes:
• Deutérium + Deutérium → Hélium3 + neutron
• Deutérium + Deutérium → Tritium + proton
• Deutérium + Tritium → Hélium4 + neutron
• Deutérium + Hélium3 → Hélium4 + proton
Ce sont ces réactions qui sont les plus étudiées en laboratoire lors d'expériences de fusion contrôlée.



Le deutérium et le tritium sont des isotopes de l'hydrogène, c'est à dire qu'ils possèdent comme l'hydrogène un proton, mais un nombre différent de neutrons (particules chargées neutrement), impliquant une masse différente.
L'hélium 3 et l'hélium 4 sont des isotopes de l'hélium. L'hélium stable possède 2 protons (charges +) et 0 neutrons. L'hélium 3, très rare, possède 2 protons et 1 neutron. L'hélium 4, l'isotope le plus courant, possède 2 protons et 2 neutrons.


- Problème de pollution:

La réaction "Deutérium + Tritium" produit des neutrons possédant une grande vitesse. Les neutrons étant électriquement neutres, ils ne peuvent être déviés ou retenus par un champ magnétique (contrairement aux protons) et vont donc aller frapper l'enceinte contenant la réaction. Celle-ci va alors petit à petit devenir radioactive.
Ce sont là les seuls déchets radioactifs produits! L'enceinte! Pour ainsi dire rien en comparaison avec la fission! L'enceinte serait donc à remplacer au bout d'un laps de temps relativement long.


En France, un projet d'étude existe: le programme ITER.
Pour plus d'informations: http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Thermonuclear_Experimental_Reactor

Une fameuse source de polémiques!



Et vous, que pensez-vous de cette perspective d'avenir?


Sources:

- Travail personnel de 2006
- Recherche d'images google

4 commentaires

4 commentaires à cet article.

MC8wMDAvMDg4LzAwMDAw~geo2jaim pro | 23/06/2008

Merci pour ces éclaircissements très pédagogiques comme d'habitude!
La fusion est une affaire à suivre mais ce sera très long. Les déchets issus de la fission me semblent craignos pour les générations futures. Même si cela ne solutionne pas tout , il faut développer les énergies vertes et changer de mode de vie et là c'est aussi l'affaire de chacun.

MC8wMDAvMDEwLzAwMDAw$Francois pro | 23/06/2008

Le collapsus du marché pétrolier accompagné du réchauffement climatique est une vraie chance pour les énergies renouvelables et surtout pour le nucléaire que l'on va enfin pouvoir largement développer. En effet, on remarque que bizarrement depuis le début de la crise pétrolière générée par les spéculateurs et les tentations géopolitiques, on n'a jamais autant innové en matière d'énergie verte et de nucléaire, particulièrement dans des techniques innovantes de traitement des déchets. Ce sont là de vrais solutions d'avenir une fois que ceux qui n'y comprennent rien auront terminé d'avoir des réactions épidermiques réactionnaires. (ce qui devrait arriver quand le litre de super aura atteint 4€/l à la pompe)

MC8wMDAvMDg0LzAwMDAw~Cyanure-98405 | 24/06/2008

Il s'agit là du tout dernier article sur les énergies renouvelables. Les articles prochains traiteront de sujets différents (mais je ne prévois pas d'autre série d'articles actuellement, simplement des individuels).
Il faut toujours être poussé au bout de la planche pour tout à coup découvrir les merveilles qui nous entourent... c'est bien dommage que ce soit ainsi toujours aux moments extrêmes!
Pour ce qui est de la fusion nucléaire, ils ne sont pas prêts d'être capable de gérer une telle réaction en sécurité... a-t-on la moindre idée actuellement de la conception d'un alliance résistant à des températures extrêmes de chez extrême? Le matériau le plus résistant à la chaleur n'est autre que le carbone, dont la température de fusion se situe à 3675 C°... or la capacité nécessaire est bien plus haute!
Le champ magnétique est bien... mais bon, comme il est dit, il ne retient pas les neutrons et la réaction nécessite donc une enceinte à tout prix pour la sécurité!
Fameux dilemme de capacités... ^^

MC8wMDAvMTA0LzAwMDAx~Etincelle | 12/08/2008

et les paneaux solaire?