Qui suis-je?

23 décembre 2007 18:21 | Neutre | 0 commentaire

 

 

 

Sois le bienvenu, visiteur.

Je me nomme Michaël, aussi connu sous l'ID paranoïaque 98405. Je vis actuellement ma vingtième année sur cette terre bafouée par la bétise humaine. Je fais des études de bioingénieur à la Faculté des Sciences Agronomiques de Gembloux (fusagx), j'espère bien naivement de pouvoir oeuvrer pour la sauvegarde de Mère Nature.

Paranoïaquement parlant, je suis membre du secteur GEO en tant que bleu responsable de la propa. Notre mascotte est ici visible sur la photo. Un secteur dynamique où une (très) bonne entente règne!

Ainsi que tu peux le voir dans le titre de ce blog, je suis également écrivain à mes heures perdues. Cette passion pour l'écriture s'est largement développée lors de mon initiation aux jeux de rôles il y a de ça quelques années. Mon imagination est mon arme principale, me permettant de jouer de la plume selon pas mal de styles. Je maîtrise aussi bien la poésie que l'art de conter les histoires. Ma plume peut être aussi douce qu'elle est parfois acérée, attention à l'eau qui dort... tout ce qui est placide n'est que couverture au dessus d'une dure réalité.

Avancement actuel:

Livre 1: Le Cristal de Jais

Chapitre 5: La voleuse écarlate ~ page 120-130 format poche.


Nouvelle: Amitié trahie

23 décembre 2007 18:31 | Dégouté | 0 commentaire

 

Amitié trahie
 
La douce chaleur du ventre maternel… la quiétude. Il y a quelque chose à coté de moi, je ne sais pas ce que c’est mais ce contact est rassurant. Ca bouge de temps en temps, tout comme moi je bouge. Que sont ces bruits qui de temps à autre retentissent ? Enfin peu importe, je suis bien.
 
Le monde bascule pour moi, alors que je jouissais de ma tranquillité, tout se contracte autour de moi, des bruits inhabituels me parviennent sans que je sache ce que c’est. Je suis inquiet, pourquoi est-ce que je suis attiré vers le bas ? Les autres choses semblent devoir subir le même sort. Serait-ce la fin ? Tout à coup je me retrouve dans quelque chose d’étroit… Mais qu’est-ce que cela ?! La température diminue…j’étouffe… Tout à coup l’étau se relâche… J’ai froid, j’ai peur. Je ne sens plus cet environnement rassurant dans lequel je me complaisais, je ne sens plus les choses qui m’entouraient et qui vivaient avec moi. Du bruit ! Beaucoup de bruit ! Mais quel est donc ce nouvel endroit ? Des petits gémissements plaintifs… Je me souviens les avoir déjà entendu mais pas si fort, pas si proche. D’autres bruits surviennent, des exclamations. Quelque chose se saisit de moi et commence à m’enrouler dans une étrange chose soyeuse et commence à me frictionner. Mais enfin, fichez-moi la paix ! Je veux retourner dans mon lit douillet ! Tandis que je tente de me débattre avec le peu de forces qui sont en moi, un petit son jaillit, un jappement. Intrigué par sa proximité je panique un peu plus. Un autre jappement surgit. On dirait que cela vient de moi ! Je réitère et cela recommence. On continue de me frictionner et d’autres exclamations parviennent à mes petites oreilles pendantes. Des voix ? Je sens une certaine douceur en chacune d’elle, un émerveillement. Je me souviens avoir déjà entendu pareils bruits mais ils semblaient étouffés, lointains. Je me rends compte que quelque chose s’est enclenché en moi, ma poitrine se soulève et se rabaisse, je sens quelque chose entrer et ressortir de mes narines. Qu’est-ce donc ? Et que sont ces étranges sensations qui me parviennent en même temps ? Des odeurs, un tas d’odeurs ! Voilà un étrange monde, du bruit et des odeurs. Quelque chose d’arrondi faire des va-et-vient sur ma tête. Je ne sais pas ce que c’est mais c’est agréable. D’autres jappements retentissent mais ils ne viennent pas de moi cette fois-ci. Comment cela se fait-il ? On me pose par terre sur quelque chose de doux. Je sens une chose bouger à coté de moi puis une deuxième et enfin une troisième. Un jappement est produit par l’une d’elles. Après tout moi aussi je sais le faire ! Je refais cette manœuvre si nouvelle pour moi et répond ainsi à cet appel. D’autres font écho à coté de moi, venant des deux autres choses. Je me rends compte que je sais me déplacer, je rampe doucement et je sens les autres en faire de même. Je me souviens… Je les reconnais… Ce sont eux qui étaient avec moi dans cet endroit que j’ai tant aimé. Tout à coup je me heurte à quelque chose de grand et chaud. Ce contact ? Quelque chose me réjoui, je sens que je le connais ce contact. Une chose chaude, légèrement râpeuse et humide passe tout à coup sur moi en même temps qu’un souffle chaud empli d’affection. Cette chose a un nom pour moi… Maman. Je m’avance un peu plus et cède à mon instinct qui me dit d’attraper en bouche un étrange petit bourrelet situé devant moi. Un liquide en surgit à ma grande surprise, mais je ne lache pas prise car ce liquide a un bon goût, une chaleur rassurante.
 
Je regarde ce monde de mes petits yeux. Depuis que j’ai trouvé la force de soulever mes paupières clauses, c’est un festival de couleurs qui s’est offert à moi, un tas de choses nouvelles, une myriade de nouvelles sensations. Ainsi pour la première fois j’ai pu voir maman et mes frères et sœurs – car à présent j’ai compris ce qu’étaient ces choses qui grandirent jadis en même temps que moi. Je découvre également ces étranges créatures dépourvues de poils qui s’occupent de nous. L’un d’eux m’a donné une drôle de chose sphérique qui roule quand on la touche. Qu’est-ce que c’est amusant ! Je cours après et elle fonce devant moi jusqu’à ce que je l’attrape. Mais pourquoi à chaque fois qu’ils nous la donnent, un bruit ressemblant à « baballe » retentit ? Je joue avec mes frères et mes sœurs en un concert de petits jappements. Nous courons tous après cette « baballe » au travers d’une grande pièce. Les créatures sans poils nous prennent de temps en temps pour nous caresser. C’est agréable ces petits chatouillis !
 
Nous sommes tristes, maman ne veut plus de nous. Que lui avons-nous fait ? Elle refuse de nous allaiter. Au lieu nos humains, ces étranges créatures imberbes, nous donnent des sortes de petits biscuits dans un bol. C’est pas très bon, ça donne soif et surtout il y en a beaucoup trop ! Des gens que l’on ne connait pas sont venus à la maison nous regarder. Qui sont-ils ?
 
Je suis le dernier, mes frères et sœurs ont tous été emportés par ces étrangers. Je suis désormais seul à jouer à la baballe. Je ne vois plus maman… Encore ces infectes croquettes comme les humains semblent appeler cela.
 
D’autres étrangers sont venus à la maison, cette fois-ci c’était pour moi ! « Ah monsieur XXX, vous voilà ! », s’exclame une voix.  C’est ainsi que je me vois arraché à la maison qui m’a vu naître pour aller vers l’inconnu. Le dehors c’est froid ! C’est encore plus bruyant ! Mais que d’odeurs qui viennent s’offrir à ma truffe toute frémissante ! Nous sommes montés dans une grosse et étrange boite métallique sur roues. Alors c’est ça une voiture ? A mon étonnement cela se met à vibrer puis à se déplacer. Je suis allongé sur la banquette arrière, sombrant dans les rêves.
La portière s’ouvre, me réveillant en sursaut. Là, dans l’encadrure, une petite fille m’observe, les yeux pétillants de joie. Je n’ai pas le temps de me lever qu’elle m’attrape dans ses bras.
« Oh papa il est trop mignon ! », s’exclame-t-elle. Le monsieur qui avait conduit la voiture lui répond « Je t’avais bien promis que tu en aurais un autre pour remplacer Loki ». J’ignore ce que signifient ces paroles mais je sens beaucoup d’amour en cette petite fillette me tenant d’une manière maladroite en ses bras. Ne résistant pas à la tentation je lui lèche le visage.
 
Je me suis habitué à cette nouvelle vie. Je peux me promener à ma guise un peu partout dans la maison et surtout j’ai découvert ce que l’on appelle « le jardin ». C’est dehors, il y a du vent, il ne fait pas chaud et parfois même de l’eau tombe du ciel ! Que de découvertes j’y fis ! Que de petites bêtes y vivent ! De temps à autre d’étranges animaux avec de petites oreilles pointues, une longue queue velue et surtout des griffes (ce que bien évidemment j’ai expérimenté en premier lieu). Ils ne veulent pas jouer avec moi, se contentant de se gonfler comme des ballons à mon approche. Si j’aboie ils s’enfuient. Après tout, si cela doit être ma façon de jouer avec eux, je ferai comme tel. La petite fille s’occupe beaucoup de moi, me donnant à manger et jouant avec moi, me lançant une baballe différente de celle que j’avais avant ou des choses bizarres qui couinent lorsque l’on appuie dessus. Je m’amuse beaucoup ici, bien plus encore que quand j’étais avec mes frères et mes sœurs. Quand ceux qu’elle appelle « papa » et « maman » l’appellent, ils prononcent toujours le mot « Marie ».
Moi aussi j’ai droit à un mot revenant sans cesse lorsqu’ils m’appellent, « Lucky ». Pour finir, rien qu’à entendre ces mots je me rend compte que je fais tout de suite le lien avec la personne qui semble désignée.
 
Le temps s’est considérablement refroidi, le jardin s’est même couvert d’une matière blanche et Ô combien froide et humide ! Dans un premier temps, j’ai cru que l’herbe avait disparu. Mais en fourrant mon museau dans cette matière, j’ai pu voir du vert dans le trou creusé par ma truffe. Que c’est froid ! Et ça a le goût de l’eau ! Ca rafraichi d’ailleurs autant que de l’eau.
Marie s’absente beaucoup depuis quelques mois, je me retrouve ainsi seul à la maison pendant de longues heures. Il m’a fallu un certain temps pour m’habituer. Au début je ne supportais absolument pas, j’ai fait de nombreuses bêtises et j’ai été disputé pour cela à leur retour. Mais justement j’ai fini par me rendre compte qu’ils finissaient toujours par revenir. Je dors en attendant, patientant pour leur faire la fête à leur retour et courir prendre ma baballe.
 
Marie est de nouveau toute la journée à la maison, papa et maman aussi. Le temps est toujours aussi froid et le sol toujours aussi blanc. Un soir, nous avons veillé fort tard. Papa s’est absenté quelques minutes et est revenu avec un drôle de costume rouge et blanc et plein de poils blancs à son visage. Bizarre ! Marie semble toute contente à cette vue. La maison est toute décorée, il y a même un arbre à l’intérieur ! Ils ont y mis toutes sortes de babioles à pendre. Vraiment étranges ces humains !
 
Les temps de bonheur pour toute la journée sont à nouveau finis. Marie est à nouveau absente toute la journée, me laissant ainsi seul et malheureux. Je dors pour passer le temps. En parlant de temps, celui-ci s’est considérablement radouci. L’herbe est de retour et des feuilles réapparaissent sur les arbres. En rentrant de « Je ne veux pas aller à l’école », Marie m’emmène promener un peu dans les champs environnants. Je courre partout et elle me poursuit ou alors c’est l’inverse. Trop de fougue d’ailleurs… C’est ainsi que je dû faire ma première visite chez ce que l’on appelle le « vétérinaire ». En voulant passer une barrière de fils je suis resté accroché et me suis fortement écorché en me débattant. La suite n’a pas traîné, papa m’a pris dans la voiture et m’a emmené. Je ne savais pas où mais mes blessures me faisaient horriblement mal. Alors que j’étais là à me lamenter sur mon sort il a arrêté la voiture et m’a pris en laisse, il faut dire que j’étais devenu trop grand que pour être pris aisément à bras. En entrant j’ai tout de suite senti une odeur désagréable. Ces lieux empestaient la peur et même la mort. Jamais je n’avais eu aussi peur de ma vie. Celui que l’on appelle le vétérinaire s’est ainsi occupé de moi, me faisant une piqûre et soignant mes blessures. Je n’ai pas réagi, celui-ci m’ayant fait une injection me rendant somnolant. « Encore un nouveau ? », entendis-je le bourreau lancer avec un ton de reproche. J’ignore ce que signifient ces mots, tout ce qui me tarde est de retrouver Marie.
 
Le soleil brille à nouveau, Marie profitant d’autres congés s’amuse à sa nouvelle balançoire. Quelque chose brille dans l’herbe… Ca sent bon en tout cas ! Un petit œuf emballé dans quelque chose de brillant et coloré. Marie en a ramassé quelques uns mais il semblerait qu’elle n’ait pas vu celui-ci. Allez hop ni vu, ni connu, je l’avale tel quel. Je me couche dans les herbes et profite un peu du soleil.
 
Marie est tombée malade. Fidèle, je reste à son chevet pour lui tenir compagnie. Elle est plus chaude que d’habitude et gémit. Je pose la tête sur le rebord de son lit et lui touche le bras de la truffe. Elle frémit d’abord avant de se tourner vers moi et m’inviter à monter avec un pâle sourire. N’hésitant pas un instant j’obtempère et viens me coucher à coté d’elle. Elle passe ses bras autour de moi et parvient enfin à s’endormir. D’une lèche affectueuse, je lui indique que je veille sur elle.
 
Après une période où les promenades furent proscrites, les jeux oubliés et Marie enfermée dans sa chambre à griffonner sur des feuilles de papier, tout redevient aussi normal que je le souhaitais. Marie joue à nouveau comme avant avec moi, elle m’emmène promener. Je la trouve néanmoins triste, sans que je ne sache pourquoi. Je la surprends de temps en temps à me regarder pensivement, une larme à l’œil. Tout ce que je comprends c’est qu’elle est triste, dans ces cas je vais me blottir contre elle, aussi rassurant que je le puis.
 
 
Le temps est chaud, je cherche un coin d’ombre pour prendre un peu le frais. J’observe un manège inhabituel dans la maison. Papa et maman prennent des affaires et les placent dans ce qu’ils semblent appeler « valises » si j’ai bien compris. Marie reste près de moi, l’air plus triste que jamais. Qu’a-t-elle donc ? Je vais chercher ma baballe et la lui apporte. Elle se jette à mon cou et se met à sangloter. Mais qu’a-t-elle donc ??? Les affaires sont rangées dans la voiture. Mes maîtres me placent sur le siège arrière droit, Marie sur le gauche. Papa fait démarrer la voiture. Va-t-on découvrir un endroit nouveau ? Je frémis d’excitation à cette idée. Mais pourquoi m’avoir retiré mon collier ? Bien sûr il me grattait sans cesse, je ne m’en plains donc pas. Mais bon, Marie ne me l’enlevait que pour moi prendre un bain. Les paysages défilent de plus en plus vite par la fenêtre, la route est très large. Je me tourne vers Marie et lui applique un baiser de chien sur la main. On va bien s’amuser là-bas, où que ce soit. Etrangement elle ne dit plus rien depuis le départ. Je la sens encore fort triste. Je pousse un petit gémissement en la regardant mais elle évite de me regarder. La voiture s’arrête. Papa descend et vient ouvrir ma portière. « Allez Lucky, viens promener ». Ce n’est jamais lui qui me promène d’habitude… Mais bon j’obéis quand même et je sors. Papa ferme la portière et retourne à la sienne, rentre dans la voiture et la referme. C’est un nouveau jeu ?
Tout à coup la voiture démarre en trombe. Je les regarde s’éloigner. On ne m’a jamais laissé ainsi seul dans un endroit que je ne connais pas ! Je n’aime pas ce jeu… Je n’aime pas cet endroit, toutes ces voitures filant si vite, tout ce bruit, ces odeurs d’échappement…
J’aperçois arriver un peu plus loin une voiture ressemblant fort à celle de papa. Ils viennent me rechercher ! Fou de joie je m’élance sur la route en direction de la voiture… Un bruit d’enfer retentit, un horrible crissement, un coup de klaxon puis vient un terrible choc.
Marie j’arrive…
La voiture partit en dérapage et vint se planter sur la berne de sécurité. L’occupant en sortit, miraculeusement indemne et contempla l’avant de sa voiture défoncé, taché de sang. Au milieu de la route gît le cadavre du malheureux chien qui s’était élancé comme un fou sur la voiture. Son corps, démantibulé et fracassé est répandu sur la deuxième bande de circulation.
Pauvre bête… Encore une victime de la lâcheté humaine… Prenant son GSM, le conducteur compose le numéro de la police. Une voiture insouciante roule sur les restes de la bête, faisant gicler un peu plus le sang et les morceaux.
 
Loin de là, un éleveur écoute la radio. On annonce encore des records atteints en matière d’abandon des animaux suite aux départs en vacances. « Si c’est pas malheureux », commente celui-ci. Sa femme l’appelle soudainement. « Chéri ! Ca y est, la chienne va accoucher ! ».
L’éleveur se lève d’un bond, passant devant son carnet de réservations sur la table sur lequel figure le nom « XXX ».